Infirmier depuis plus de 15 ans, aujourd’hui installé en libéral, Serge n’a jamais cessé d’explorer de nouvelles façons de comprendre et d’accompagner l’humain. Entre les urgences, activité libérale, formation en ostéopathie, pratique thérapeutique et écriture, son parcours illustre une quête constante de sens et d’évolution.
Serge est étudiant en 2ème année de notre formation professionnelle et infirmier de formation initiale. Il revient avec sincérité sur son chemin, ses choix et les défis qu’il relève au quotidien.
Quelle est votre formation initiale ?
Je suis infirmier depuis 16 ans. J’ai travaillé 8 ans en structure hospitalière, dans un pôle “urgences, réanimation et suppléance”. Depuis que j’ai quitté l’hôpital, je travaille en libéral après avoir fondé mon propre cabinet .
En 2022, j’ai obtenu mon diplôme de psychopraticien, sur le modèle de l’école de Palo Alto après 3 ans d’études en cursus partiel en Belgique. En 2024, j’ai suivi l’ensemble des spécialités proposées par mon centre de formation (hypnose, coaching d’entreprise, thérapies familiales, sexothérapie, thérapies de couple, etc.).
J’ai un deuxième cabinet où je consulte deux jours par semaine depuis 2022, en plus de mon activité d’infirmier.
Qu’est-ce qui vous a motivé à entreprendre une formation en ostéopathie au CSO ?
Le métier m’a toujours intrigué, par sa science principalement. Plus tôt dans ma vie, il était inconcevable de quitter la Corse (dont je suis originaire et résident) trop régulièrement, mes enfants étant en bas âge. Mais les enfants grandissent. Je suis ravi que ça se soit passé ainsi : m’être engagé dans cette formation en ayant du recul. Aborder de nouvelles études aussi spécifiques se fait mieux avec plus de maturité.
Comment parvenez-vous à concilier votre activité professionnelle et la formation à temps partiel au CSO ?
Mark Twain a écrit un jour “ Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ”. La peur et les convictions ancrées viennent rétrécir nos champs de vision et nous freiner. Alors que tout est possible. Concilier les deux représente littéralement un sport. Mes activités professionnelles, mon statut de père, ma vie privée et les études d’ostéopathie. Je concilie beaucoup plus que deux objectifs. Mais avec de la rigueur, de l’application et de la motivation, les études étant passionnantes de surcroît, l’élan pour ce que nous pratiquons vient faire tomber bien des obstacles.
En quoi la formation en ostéopathie enrichit-elle déjà votre pratique professionnelle actuelle ?
En tant qu’infirmier, la formation en ostéopathie m’aide à comprendre certains concepts et certaines idées concernant le corps. Des concepts qui dépassent la science stricte (qui reste indispensable) et qui mobilisent davantage les perceptions, tant celle du praticien que celle qu’a le patient de son corps. Je perçois la douleur autrement, la mienne et celle des autres. Mon regard infirmier, capable d’établir des liens entre douleur, origine et traitement, se trouve enrichi et approfondi par l’approche ostéopathique.
Que diriez-vous à un professionnel de santé qui hésite à se lancer dans cette formation en ostéopathie ?
Je peux lui certifier que c’est passionnant, qu’il y aura des intervenants efficaces et que l’école, grâce à son organisation et au sens de l’écoute des responsables pédagogiques, est plutôt facilitatrice. En revanche, je ne peux pas lui garantir que la formation va lui plaire. Je ne peux pas lui dire que les études sont faciles, ni que ça sera de tout repos. Je ne peux pas lui dire non plus que les conciliations d’activités sont aisées. Alors je lui dirais de lire du Mark Twain !
Au-delà de son riche parcours professionnel, Serge Baccarelli a également rédigé et publié un ouvrage, Mon très cher patient – Les Échos du silence.
À travers ce récit, il explore la relation entre praticien et patient, en mettant en lumière la difficulté, pour un psychologue, de dissocier son vécu personnel de celui de son patient au fil des séances. Cet ouvrage a grandement touché notre équipe pédagogique de par la qualité de son écriture et son thème, qui raisonne à l’ensemble des professionnels de santé.
Qu’est-ce qui vous a motivé à écrire puis à publier votre livre ?
Il s’agissait avant tout d’un acte thérapeutique. Il a commencé à mûrir il y a des années, puis à prendre forme, puis à apparaître comme une évidence. Alors j’ai frappé mon clavier. Puis, voulant un retour sur la qualité littéraire, j’ai partagé le texte avec des amis très proches. Et ce sont eux qui ont insisté pour que je le publie. L’écriture fut rapide, mais la décision de publier a pris beaucoup plus de temps. Je l’ai finalement prise et je suis allé au bout.
Quel message principal souhaitez-vous transmettre ?
Le message est aussi simple qu’essentiel : tous les sourires ne sont pas toujours sincères, que l’Enfer peut prendre des visages doux, et surtout qu’on ne sait jamais ce qu’il se passe derrière des portes closes.
Combien de temps vous a pris l’écriture de ce livre ?
Je l’ai littéralement expulsé en quinze jours.
Votre livre pose-t-il une question à laquelle vous n’avez pas encore trouvé de réponse ?
Peut-être. Les lecteurs sont libres. Mais je dirais qu’il incite plutôt à accepter que certaines questions n’ont pas de réponse et n’en auront jamais.
Avez-vous rencontré des difficultés particulières en l’écrivant ?
La traversée des émotions fut intense. Ravageuse peut-être, nécessaire sûrement.
Ce livre vous a-t-il personnellement transformé ?
Un livre a-t-il le pouvoir de transformer qui que ce soit ? Je ne peux pas dire qu’il m’a transformé. Allégé, un peu. Là où il me transforme, c’est lorsque je lis les retours des lecteurs qui me disent qu’ils y ont trouvé une main tendue. C’était le but de la publication. Et quand je vois que ça fonctionne, ne serait-ce que pour une seule personne, alors j’ai tout gagné.
