Une fois par mois depuis 4 ans, le GreMIC (Groupe d’Études de la Médecine intégrative et Collaborative) organise une réunion pluridisciplinaire sous la forme d’un groupe de travail, pour aider les étudiants du CSO et d’ailleurs à préparer leurs mémoires de recherche et leurs thèses de Médecine.
Ce groupe de travail inclut des étudiants en 3ème, 4ème et 5ème années du CSO, des étudiants en médecine générale et en sciences du langage, dont les points communs sont des travaux utilisant les méthodes de recherche qualitative et concernant les parcours de soins complexes (maladie de Crohn, endométriose, mucoviscidose, recours à la PMA, prise en charge de cancer).
Ils sont encadrés par des ostéopathes, médecins (spécialistes et généralistes), linguistes, pharmaciens enseignants ou hospitaliers, éthiciens, psychologues, sexologues, hypnothérapeutes, philosophe, infirmier(e)s et patients partenaires pour confronter les visions et nourrir le travail de chacun.
L’interdisciplinarité permet de croiser les démarches de chacune des disciplines pour étudier la même question de recherche, dans une approche globale. L’objectif dans ce cas est de faire évoluer les travaux de mémoire et la thèse de chaque participant.
En effet, chaque spécialité complète les approches des autres. Tous les sujets sont discutés en grand groupe pour pouvoir aller du thème de recherche à une question de recherche pertinente et clairement formulée. Le groupe discute des critères de choix de la population de patients ou soignants à interviewer et soutient les possibilités de recrutement. Les guides d’entretien proposés par l’étudiant seront ensuite présentés au groupe qui l’enrichira. L’approche linguistique est ici pertinente mais également le regard des différents professionnels de soins qui pourront compléter les dimensions explorées.
Nous verrons dans cet article, comment le GreMIC œuvre concrètement en faveur de la réussite des étudiants en ostéopathie au CSO et en quoi l’interdisciplinarité de ce groupe est une source de richesse pour la recherche.
Qu’est-ce que le GreMIC ?
En premier lieu, rappelons le rôle du GreMIC et son lien avec le CSO Paris.
Fondé en 2021 par Ghislaine Robert et Laurence Baumann-Coblentz, le groupe est initialement à l’origine de Kairos-vers une éthique en santé et constitue désormais son Pôle Recherche.
Kairos réunit professionnels de la santé et chercheurs autour d’une approche interdisciplinaire du soin. Son objectif est de mettre l’humain au centre des parcours de santé en intégrant médecine conventionnelle, professions paramédicales, thérapies complémentaires, philosophie, sciences sociales et arts.
Par le GreMIC, l’association propose la supervision de travaux de recherches qualitatives en santé sous forme de réunions de concertation interdisciplinaire, notamment les mémoires de fin d’études d’étudiants du CSO Paris.
Accueilli par le service d’hépato-gastroentérologie de l’hôpital Bichat-Claude Bernard (AP-HP), le groupe choisit d’explorer, à travers la supervision des mémoires, la complexité des expériences vécues par les patients, leurs proches et les soignants.
Pourquoi travaillons-nous avec l’Association Kairos ?
Notre établissement a la chance de disposer d’un département de recherche dynamique. Il est composé de Yannick Fleck, Laurence Baumann-Coblentz, Ghislaine Robert, et bien d’autres enseignants-chercheurs ou médecins, qui font également partie du GreMIC. Yannick Fleck étant Responsable de la recherche au CSO, il fait le pont entre le GreMIC et notre établissement.
Un accompagnement pédagogique renforcé par le GreMIC et le département de Recherche du CSO
Notre établissement met un point d’honneur à accompagner chaque étudiant jusqu’à la réussite académique, tant sur la pratique ostéopathique que dans l’accomplissement de son mémoire de recherche de fin d’études.
Au-delà des avantages conférés à chaque discipline, ces réunions pluridisciplinaires permettent aux étudiants de progresser dans leur mémoire et de poser toutes leurs questions. En plus de nourrir leur travail, ce cadre rassure et définit un calendrier de progression précis pour l’étudiant.
L’approche des linguistes est essentielle à la réflexivité des étudiants
Dans le cadre des mémoires de recherche et des thèses, les étudiants analysent un grand nombre de données quantitatives, mais aussi qualitatives. En sociologie, la méthode qualitative implique la réalisation d’entretiens, individuels ou de groupe.
C’est ici que les linguistes interviennent : leur approche consolide le travail scientifique des étudiants. Elle leur donne les clés de lecture pour décrypter les entretiens, notamment du langage verbal et non-verbal.
Des conseils pratiques et méthodologiques
Aussi, l’étudiant doit maintenir une posture professionnelle lors des entretiens qualitatifs. Il arrive que des sujets sensibles soient abordés, et il doit réussir à cadrer l’entretien, tant sur la gestion du temps que sur le discours.
Des conseils sont également partagés sur la gestion des données récoltées et la réglementation appliquée. Ces informations sont privées et certaines peuvent être sensibles. Il convient donc de veiller au respect de la confidentialité des personnes interrogées et d’être rigoureux quant à la divulgation des témoignages recueillis.
Donner des clés de succès aux étudiants pour rester objectif
Il est également important de rappeler aux étudiants l’utilité du journal de bord. Cette démarche favorise la réflexivité, car elle permet d’identifier clairement le prisme socio-culturel et politique de l’étudiant. Il peut ensuite poser un cadre sur son système de valeur et ses convictions pour en prendre conscience et rester le plus objectif possible dans son analyse.
Si nous pouvions vous donner un exemple concret, le journal de bord permet aux étudiants de ne pas filtrer certaines questions ou encore d’exclure certains individus des entretiens qui pourraient les sortir de leur zone de confort.
L’objectif est aussi d’éviter la mise en place progressive d’un biais de confirmation, qui fausserait l’analyse globale.
Un journal de bord bien tenu retranscrit le cheminement de la pensée, qui a amené l’étudiant à sa problématique finale de mémoire et la manière dont elle a évolué au fil de ses recherches.
Un cadre qui favorise la réussite de nos étudiants en ostéopathie
Par les efforts de nos équipes pédagogiques, du GreMIC, de notre département de Recherche et du travail fourni, 7 mémoires de nos étudiants ont été sélectionné pour leur qualité par le Registre des ostéopathes de France (ROF), puis classés dans les 10 premiers mémoires nationaux lors congrès annuel du ROF, avec le premier prix pour Emma FEJARD et Amélie LAMBAY pour “Étude observationnelle prospective évaluant l’impact de l’ostéopathie sur la qualité de vie des patients atteints de la maladie de Parkinson”.
Pour conclure
Ainsi, le GreMIC et notre pôle Recherche s’imposent comme véritables leviers pédagogiques et scientifiques au service des étudiants du CSO. En favorisant une approche interdisciplinaire, il permet de dépasser les cadres traditionnels de la recherche pour enrichir les réflexions, affiner les méthodologies et développer une posture critique essentielle à tout travail académique.
Au-delà de l’accompagnement technique, ces échanges réguliers offrent aux étudiants un espace structurant, rassurant et stimulant, propice à l’émergence d’une pensée réflexive et rigoureuse. L’apport croisé des différentes disciplines, notamment celui des linguistes, philosophes et professionnels de santé, contribue à former des praticiens capables d’appréhender la complexité des situations humaines et cliniques.
Les résultats obtenus par les étudiants du CSO témoignent de l’efficacité de ce type de dispositif, qui allie exigence scientifique et ouverture intellectuelle. Le GreMIC illustre ainsi pleinement la valeur de l’interdisciplinarité dans la formation des futurs ostéopathes, en les préparant à une pratique éclairée, éthique et ancrée dans les réalités contemporaines de la recherche en santé.
